Chasse-au-trésor-littéraire-ng - LE FORUM

18 octobre 2017 : 00h06

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Chasse-au-trésor-littéraire-ng - LE FORUM

Auteur Sujet: Genre des toponymes (noms de lieux)  (Lu 129 fois)

*aCOSwt

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Bonjour,

Vous l'aurez constaté: nos rédacteurs apprécient les toponymes.
Pas moi!  :-X
Bon! Il faut bien avouer que c'est souvent bien commode pour utiliser certaines lettres que notre langue française utilise avec parcimonie.
Et puis, nos chasseurs ont après tout bien le droit de préférer la géographie à la découverte d'une obscure doctrine philosophique ou à la recherche de je ne sais quelle maladie exotique.
Sauf que... cela n'est pas sans poser quelques problème de grammaire dans la conception des indices qui leur sont associés.  :-X

Si je vous propose l'indice « On se demande s'il brûle. », je fais confiance aux cinéphiles pour trouver PARIS sans hésiter mais celui qui, avec l'excellente NRF se demande « en quoi Paris est-elle une capitale du XXIe siècle », froncera sans doute quelques sourcils.  :o

Hé oui! le genre des toponymes est un authentique casse-tête devant lequel même les meilleurs ont déclaré forfait.
cf Grevisse in Problèmes de langage : « De bonnes règles? Il semble bien qu'ici, il n'y en ait point. »
La Commission Nationale de Toponymie, créée tout exprès pour réglementer l'usage en la matière dans les documents officiels, admettant « le primat de l'usage » se reconnaît même inapte à formuler la moindre recommandation:(

Mais bon! Tous les substantifs du français ont un genre et, serait-il, comme le suggère Hasselrot pour ce qui est des toponymes, affaire « de goût personnel, voire de caprice », ce n'est pas pour autant que l'on peut faire n'importe quoi.  :-\
Et ce n'est pas non plus parce qu'il ne peut se trouver de règle générale gouvernant le tout que l'on doit pour autant se résigner à tenir des listes ou raisonner en termes de probabilités appliquées à la sonorité des finales.
Quelques règles, principalement de simple logique, existent néanmoins et permettent de se tirer d'affaire dans de très nombreux cas.

Pour vous permettre de vous y retrouver et servir de référence à nos rédacteurs, vous trouverez à partir du message suivant ce que l'on peut, en la matière, tenir pour acquis.
Cette publication s'étendra sur plusieurs jours, vos contributions sont évidemment bienvenues.
Non sunt multiplicanda entia sine necessitate!

*aCOSwt

  • Administrateur
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    • Métaphysique de puissance
I. Toponymes qui disposent d'un genre propre.

C'est le cas :

- Des toponymes débutant par un article : Le Mans, Le Caire, Le Havre, Le Puy, La Rochelle, La Flèche, La Charité-sur-Loire...
Ici le genre est explicite. Pas de problème! on le reprend évidemment tel que, sans hésiter donc « à revenir du Havre par l'autoroute » ou à apprendre que « Par l'organisation de l'an VIII, La Flèche est devenue le chef-lieu d'un des quatre arrondissements de la Sarthe. »

- Des toponymes contenant un article suivi d'une épithète : Mantes-la-Jolie, Vaison-la-Romaine, Coulanges-la-Vineuse, Vezin-le-Coquet, Annecy-le-Vieux...
Bien que déterminé de façon un peu moins explicite que dans le cas précédent, on tiendra le genre déduit de la flexion de l'adjectif pour acquis.

- Des noms de lieux situés dans des pays dont la langue fixe des genres lexicaux que l'on retrouve spécifiés dans les entrées correspondantes de tous les bons dictionnaires. Là encore, pas de problème, le travail étant déjà fait, on le reprend sans discuter.
C'est évidemment le cas de l'allemand (bien que comme pour le français la classification ne soit pas gouvernée par une règle de logique et que sa recherche imposera donc la consultation d'un lexique), c'est aussi la cas du russe (bien plus simple puisque le genre peut se deviner à la lettre finale. Consonne -> Masculin; Voyelle -> Féminin.)
On s'inquiétera donc avec Mérimée : « Sébastopol est-il pris ? »

Attention : Dans les cas où il existe un substantif homonyme, (Menton, Villefranche par exemple) on ne peut pas pour autant considérer que le genre propre du toponyme est calqué sur celui de l'homonyme. Et ce même si l'homonyme dérive immédiatement du toponyme comme c'est le cas pour bikini, bermuda, tulle... 
Dans ces cas et dans le but d'éviter toute sorte d'ambiguïté, on s'appliquera bien au contraire à conférer arbitrairement au toponyme un genre opposé à celui de l'homonyme.
Ainsi apprendrons-nous grâce à la Société d'Art et d'Histoire du Mentonnais que « lorsque Menton est devenue française en 1861, elle avait déjà connu deux annexions...»
Non sunt multiplicanda entia sine necessitate!

*aCOSwt

  • Administrateur
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    • Métaphysique de puissance
Lorsque le genre propre n'est ni répertorié ni logiquement déductible, la seule solution serait, comme le suggère l'IGN, de procéder à une enquête orale afin de déduire, de son emploi par les locaux, un genre apparent.
Entreprise de nature babélienne s'il en est, tant ces enquêtes se heurteraient dans bien des cas à des conclusions divergentes selon les dialectes.
Faute de genre propre et puisqu'il en faut tout de même un, on se contentera de le déterminer arbitrairement en fonction du signifié.

II Genre dépendant du signifié

Présence d'une détermination partitive ou extensive: Lorsque la zone géographique se trouve retreinte ou étendue par la présence d'un déterminatif, on observera systématiquement un masculin.
Le Grand Paris, le vieux Marseille, le nouveau Nancy, le bas Provins, le Lyon administratif... 

Toponyme entendu en tant qu'événement historique: Batailles, victoires ou traités, on observera là encore systématiquement le masculin.
« Le retour de la France dans l’océan Indien... faillit conduire à un nouveau Fachoda en mer d’Oman. » (in Relations Internationales)
« Béatrice, s'il le faut, sera un nouveau Camerone. » (Jules Roy)

Lorsqu'un nom commun est sous-entendu: C'est le cas le plus fréquent, il sera traité logiquement en conférant au toponyme le même genre que celui du nom commun sous-entendu.
« Paris (le gouvernement français) et Berlin (le gouvernement allemand) se sont entendus pour proposer... une réforme ambitieuse du traité de Lisbonne. »
« Paris (le club de football du PSG) a été moins inspiré défensivement, puisqu'il a laissé trois chances très nettes aux Anglais d'arracher l'égalisation. »
« Paris (la ville de Paris) est candidate à l'organisation des Jeux olympiques »
« Jersey (l'île de Jersey) est envahie par l'armée allemande en juillet 1940 »
« Aussi Marseille (le port de Marseille) attache-t-il la plus grande importance à l’aménagement du Rhône. »
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